Archives du mot-clé : conte

avr
20
2015

L’assemblée extraordinaire de la menuiserie – Le conte métaphorique du mois

Quand un conte met en jeu les outils du menuisier pour illustrer la force du collectif, la magie de l’équipe, la puissance de la diversité des modes de fonctionnement, l’efficacité de la co-construction, et bien d’autres significations plus profondes que nous vous laissons imaginer et partager, dans vos commentaires.

menuisierOn raconte que dans une certaine menuiserie, les outils se réunirent un jour pour régler leurs différends.

Pour ouvrir cette assemblée extraordinaire, le marteau demanda à exercer la présidence. Mais bientôt les autres membres lui signifièrent qu’il devait y renoncer parce qu’il faisait bien trop de bruit avec ses coups. Le marteau admit le grief mais n’accepta pas que la vis le remplace à la présidence car, en faisant tourner les outils sur eux-mêmes, elle les aurait hébétés comme des ânes. La vis accepta la remarque et d’autres outils avec elle. Mais tous objectèrent que le papier de verre ne pouvait pas davantage conduire la réunion :  il créerait bien trop de frictions avec sa rugosité coutumière ! Le mètre alors ? Pas plus ; il allait passer son temps à poser des mesures selon son propre modèle, comme si lui seul était  parfait…

C’est alors que le menuisier entra. Il revêtit son tablier et se mit à l’ouvrage. Il se servit du marteau, du papier de verre, du mètre et de la vis, avec  justesse et dextérité. Si bien que la pièce de bois brut initiale se transforma peu à peu en un meuble aussi beau qu’utile. Une fois son œuvre accomplie, il rentra chez lui

Quand la menuiserie se retrouva à nouveau déserte, l’assemblée reprit ses délibérations. C’est à la serrure alors qu’on offrit de s’exprimer. « Mesdames, Messieurs, dit-elle, il a été clairement démontré que nous avons tous des défauts. Mais le menuisier travaille avec nos qualités. C’est cela qui nous donne de la valeur. C’est ainsi que nous pensons trop aux aspects négatifs que nous observons les uns chez les autres au lieu de privilégier les aspects positifs. Or ce sont nos qualités que le menuisier sait apprécier.

L’assemblée convint donc que le marteau était fort, que la vis savait réunir et stabiliser, que le papier de verre avait un talent spécial pour limer et affiner les aspérités, que le mètre était exact et précis. Ils prirent conscience qu’ils  formaient une équipe capable de produire des meubles de qualité. Ils se sentirent fiers de leurs forces, fiers de travailler ensemble. Dès lors, chacun eut à cœur de donner le meilleur de lui-même dans sa spécialité.

Didier Tubiana pour Version Originale

nov
20
2014

La parabole des « aveugles et de l’éléphant »

La parabole des aveugles et de l'éléphant

Vous en avez maintenant l’habitude, nous aimons partager avec vous les contes qui nous inspirent, nous parlent et nous font réfléchir.

Ce mois-ci c’est une histoire rendue célèbre par le poète américain John Godfrey Saxe et qui trouve son origine dans le jaïnisme.

Six hommes d’Inde, très enclins à parfaire leurs connaissances, allèrent voir un éléphant (bien que tous fussent aveugles) afin que chacun, en l’observant, puisse satisfaire sa curiosité.

Le premier s’approcha de l’éléphant et perdant pied, alla buter contre son flanc large et robuste. Il s’exclama aussitôt : « Mon Dieu ! Mais l’éléphant ressemble beaucoup à un mur! ».

Le second, palpant une défense, s’écria : « Oh ! Qu’est-ce que cet objet si rond, si lisse et si pointu? Il ne fait aucun doute que cet éléphant extraordinaire ressemble beaucoup à une lance ! ».

Le troisième s’avança vers l’éléphant et, saisissant par inadvertance la trompe qui se tortillait, s’écria sans hésitation : « Je vois que l’éléphant ressemble beaucoup à un serpent ! ».

Le quatrième, de sa main fébrile, se mit à palper le genou. « De toute évidence, dit-il, cet animal fabuleux ressemble à un arbre ! ».

Le cinquième toucha par hasard à l’oreille et dit : « Même le plus aveugle des hommes peut dire à quoi ressemble le plus l’éléphant ; nul ne peut me prouver le contraire, ce magnifique éléphant ressemble à un éventail ! ».

Le sixième commença tout juste à tâter l’animal, la queue qui se balançait lui tomba dans la main. « Je vois, dit-il, que l’éléphant ressemble beaucoup à une corde ! ».

Ainsi, ces hommes d’Inde discutèrent longuement, chacun faisant valoir son opinion avec force et fermeté. Même si chacun avait partiellement raison, tous étaient dans l’erreur.

Didier Tubiana pour Version Originale

mar
27
2014

Histoire de conte : Le bonheur n’est pas là où tu le cherches

NasrudinVous le savez désormais, Version Originale aime les contes, parce qu’ils nous parlent et nous font réfléchir. L’un de nos héros préférés est Nasrudin, que nous avions déjà rencontré dans une précédente aventure : Nasrudin et le banquet.

C’est une autre histoire que nous souhaitons partager avec vous : “Le bonheur n’est pas là où tu le cherches”.

Nasrudin aperçoit un homme assis tristement au bord de la route :

« Qu’as-tu, mon ami ?

- Frère, la vie est insipide : j’ai un joli capital, suffisant pour ne pas avoir à travailler ; si je suis parti en voyage, c’est uniquement dans l’espoir de trouver quelque chose de plus intéressant que la vie que je mène chez moi, mais je n’ai pas trouvé ce que je cherchais. »

Sans mot dire, Nasrudin s’empare du havresac du voyageur et file avec. Il court comme un lièvre, aussi n’a-t-il aucun mal à le distancer. Comme la route est sinueuse et qu’il connaît parfaitement la région, il coupe à travers champs pour accentuer encore son avancé sur son poursuivant, et se retrouve sur la chaussée. Il dépose le sac bien en évidence sur le bas-côté, se dissimule derrière un buisson et attend.

Le voyageur malheureux apparaît enfin au détour de la route, plus malheureux que jamais sans son havresac. Des qu’il l’aperçoit, il court le prendre en poussant des cris de joie.

« C’est une façon de faire le bonheur de quelqu’un », dit Nasrudin.

Citations connexes :

« Ce qui te manque, cherche le dans ce que tu as » Koan Zen

« La sensation d’être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l’absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons. » Dalaï Lama

fév
05
2014

Histoire de conte : Nasrudin et le banquet

Chez Version Originale, nous aimons les contes, ces histoires qui nous touchent et nous font réfléchir sans en avoir l’air. Autant de lectures possibles que de personnes ; chacun y pioche ce qui lui parle.
Nasrudin est l’un de nos héros préférés en la matière. Suivons-le au banquet auquel il est invité…

Nasrudin apprend que l’émir offre en son palais un banquet où tous sont conviés. Il se met en chemin sans tarder.

Quand le maître de cérémonie voit sa houppelande en loques, il le place dans un recoin de la salle, loin de la grande table où sont installés les invités de marque. Des serviteurs s’empressent auprès d’eux. Nasrudin calcule qu’il ne leur faudra pas moins d’une heure pour arriver jusqu’à lui. Il se lève et rebrousse chemin.

De retour chez lui, il revêt un superbe manteau de zibeline et se coiffe d’un turban assorti. Puis il revient sur les lieux du festin. Dès que les hérauts de l’émir aperçoivent Nasrudin le Magnifique, ils battent le tambour de bienvenue et sonnent de la trompette pour annoncer l’arrivée d’un visiteur de haut rang.

Le chambellan en personne vient l’accueillir aux portes du palais et le fait asseoir tout près de l’émir. Les serviteurs placent immédiatement devant lui un plat contenant les mets les plus délicats. Sans hésiter, Nasrudin, prenant la nourriture à pleines mains, en enduit turban et manteau.

« Votre Eminence, s’enquiert le prince, j’aimerais en savoir davantage sur vos coutumes alimentaires, qui sont nouvelles pour moi.

– Je n’ai rien de particulier à vous dire, répond Nasrudin. Le manteau m’a permis d’entrer et d’être servi : il est naturel qu’il ait sa part du festin. »

Citation connexes  :

  • « Le monde est un grand bal où chacun est masqué » – Vauvenargues
  • « Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même » – La Rochefoucauld
  • « Oui, l’habit ça flatte toujours. Mais ce n’est pas moi qui suis élégant, c’est mon costume » – Marcel Pagnol dans  Fanny.
  • Et bien sûr l’incomparable Molière : « Il ne faut pas toujours juger sur ce qu’on voit » dans Tartuffe.

jan
22
2014

Il était une fois… notre soirée de l’hiver

Fidèle à sa tradition de conjuguer moment de partage professionnel et de convivialité, l’équipe de Version Originale a placé sa soirée d’hiver sous le signe des contes. Un choix raisonné car la place des contes et des conteurs dans les sociétés traditionnelles est souvent comparée à la place du coaching dans nos sociétés modernes.

Sur quels ressorts repose le pouvoir des contes ? A quels champs de l’existence peut-il s’appliquer aujourd’hui? Comment mettre en oeuvre leur puissance?

Une situation complexe, un défi qui parait insurmontable à réaliser, des tâtonnements et des échecs, une intensité dramatique qui repose sur les émotions et enfin un déclic qui illumine l’horizon… Chacun dans notre vie, nous avons pu vivre ces instants fabuleux où tout devient possible.

Cette magie de la vie rencontrée au hasard de l’existence, les contes en offrent une grille de lecture pour en comprendre les fondements –la tolérance, la curiosité, la foi en l’avenir, l’humour, la parole donnée, l’intégrité, etc- pour que chacun puisse en développer la pratique et en acquérir la connaissance. Au travers des mythes et des contes, chacun peut s’approprier les clés de la magie de la vie et les tourner soigneusement pour trouver sa propre voie : concevoir l’impossible, relever tous les défis, construire sa vie en expansion.  Les messages universels que les conteurs offrent à entendre dans leur création sont également les principes fondamentaux d’un coaching. Au cours de cette soirée, chaque coach de l’équipe VO a choisi de lire un conte éclairant de façon symbolique et onirique la capacité de chacun à se construire dans le respect de l’autre.

Tout au long  de 2014, vous retrouverez sur notre blog un de ces contes que nous avons partagés avec vous.

 

avr
05
2012

La Grenouille

Il était une fois une course de grenouilles.
Leur objectif était d’arriver au sommet d’une haute tour.
Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir et les soutenir.
La course commença.
En fait, les gens ne croyaient pas possible que les grenouilles atteignent la cime, et toutes les phrases que l’on entendit furent du genre: «Quelle peine!!! Elles n’y arriveront jamais!»
Les grenouilles commencèrent à se résigner et à abandonner les unes après les autres et les gens continuaient: «Quelle peine!!! Elles n’y arriveront jamais!»
Une grenouille toutefois continuait ses efforts et poursuivait son ascension sans faiblir.
Peu à peu toutes les grenouilles s’avouèrent vaincues, sauf cette grenouille qui, seule, rejoignit la cime.
Les autres voulurent savoir comment elle avait fait pour terminer l’épreuve. Elles s’approchèrent d’elle pour lui demander son secret.
Et découvrirent …qu’elle était sourde !

La morale de cette histoire est qu’il faut rester sourd à ceux qui vous disent que vous ne pouvez réaliser vos rêves.