Archives du mot-clé : nasrudin

mai
16
2014

Histoire de conte : A la cour

nasrudin a la courVersion Originale aime les contes, ces histoires en apparence anodines qui nous touchent, qui nous amènent à nous interroger et parlent à chacun d’entre nous. Nous apprécions tout particulièrement Nasrudin. Vous aviez déjà pu découvrir ses aventures dans deux articles précédents : Nasrudin et le banquet, et Le bonheur n’est pas là où tu le cherches.

Retrouvons cette fois-ci Nasrudin et son espièglerie à la cour du monarque :

Nasrudin se présente à la Cour coiffé d’un magnifique turban dont il est sûr qu’il va exciter l’admiration du souverain. Il espère réussir à le lui vendre.

« Nasrudin, combien as-tu payé cet extraordinaire turban ? s’enquiert le monarque.

– Mille pièces d’or, Majesté. »

Un vizir, qui comprend où le Mulla veut en venir, chuchote à l’oreille royale :

« Seul un idiot accepterait de payer un turban aussi cher. »

Le roi se tourne vers Nasrudin :

« Pourquoi donc as-tu payé une somme pareille ? Je n’ai jamais entendu parler de turbans à mille pièces d’or !

– Ah ! Majesté, je l’ai payé ce prix-là parce que je savais qu’il n’y a qu’un seul monarque au monde capable d’acheter si bel objet. »

Ravi du compliment, le roi ordonne que soient versées à Nasrudin deux mille pièces d’or. Et il prend le turban.

Rencontrant le vizir quelques jours plus tard, Nasrudin lui glisse à l’oreille :

« Des turbans, tu connais la valeur ;

Des rois, je connais les faiblesses. »

Citations connexes

« Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. » La Fontaine

« Le seul capital qui ne coûte rien et qui rapporte beaucoup, c’est la flatterie. » Vera de Talleyrand-Perigord

mar
27
2014

Histoire de conte : Le bonheur n’est pas là où tu le cherches

NasrudinVous le savez désormais, Version Originale aime les contes, parce qu’ils nous parlent et nous font réfléchir. L’un de nos héros préférés est Nasrudin, que nous avions déjà rencontré dans une précédente aventure : Nasrudin et le banquet.

C’est une autre histoire que nous souhaitons partager avec vous : “Le bonheur n’est pas là où tu le cherches”.

Nasrudin aperçoit un homme assis tristement au bord de la route :

« Qu’as-tu, mon ami ?

- Frère, la vie est insipide : j’ai un joli capital, suffisant pour ne pas avoir à travailler ; si je suis parti en voyage, c’est uniquement dans l’espoir de trouver quelque chose de plus intéressant que la vie que je mène chez moi, mais je n’ai pas trouvé ce que je cherchais. »

Sans mot dire, Nasrudin s’empare du havresac du voyageur et file avec. Il court comme un lièvre, aussi n’a-t-il aucun mal à le distancer. Comme la route est sinueuse et qu’il connaît parfaitement la région, il coupe à travers champs pour accentuer encore son avancé sur son poursuivant, et se retrouve sur la chaussée. Il dépose le sac bien en évidence sur le bas-côté, se dissimule derrière un buisson et attend.

Le voyageur malheureux apparaît enfin au détour de la route, plus malheureux que jamais sans son havresac. Des qu’il l’aperçoit, il court le prendre en poussant des cris de joie.

« C’est une façon de faire le bonheur de quelqu’un », dit Nasrudin.

Citations connexes :

« Ce qui te manque, cherche le dans ce que tu as » Koan Zen

« La sensation d’être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l’absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons. » Dalaï Lama

fév
05
2014

Histoire de conte : Nasrudin et le banquet

Chez Version Originale, nous aimons les contes, ces histoires qui nous touchent et nous font réfléchir sans en avoir l’air. Autant de lectures possibles que de personnes ; chacun y pioche ce qui lui parle.
Nasrudin est l’un de nos héros préférés en la matière. Suivons-le au banquet auquel il est invité…

Nasrudin apprend que l’émir offre en son palais un banquet où tous sont conviés. Il se met en chemin sans tarder.

Quand le maître de cérémonie voit sa houppelande en loques, il le place dans un recoin de la salle, loin de la grande table où sont installés les invités de marque. Des serviteurs s’empressent auprès d’eux. Nasrudin calcule qu’il ne leur faudra pas moins d’une heure pour arriver jusqu’à lui. Il se lève et rebrousse chemin.

De retour chez lui, il revêt un superbe manteau de zibeline et se coiffe d’un turban assorti. Puis il revient sur les lieux du festin. Dès que les hérauts de l’émir aperçoivent Nasrudin le Magnifique, ils battent le tambour de bienvenue et sonnent de la trompette pour annoncer l’arrivée d’un visiteur de haut rang.

Le chambellan en personne vient l’accueillir aux portes du palais et le fait asseoir tout près de l’émir. Les serviteurs placent immédiatement devant lui un plat contenant les mets les plus délicats. Sans hésiter, Nasrudin, prenant la nourriture à pleines mains, en enduit turban et manteau.

« Votre Eminence, s’enquiert le prince, j’aimerais en savoir davantage sur vos coutumes alimentaires, qui sont nouvelles pour moi.

– Je n’ai rien de particulier à vous dire, répond Nasrudin. Le manteau m’a permis d’entrer et d’être servi : il est naturel qu’il ait sa part du festin. »

Citation connexes  :

  • « Le monde est un grand bal où chacun est masqué » – Vauvenargues
  • « Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même » – La Rochefoucauld
  • « Oui, l’habit ça flatte toujours. Mais ce n’est pas moi qui suis élégant, c’est mon costume » – Marcel Pagnol dans  Fanny.
  • Et bien sûr l’incomparable Molière : « Il ne faut pas toujours juger sur ce qu’on voit » dans Tartuffe.